Témoignage #6 J’étais au bout du rouleau, épuisée par un accouchement très long, percluse de douleurs

Les Billets Libres (« Témoignages » et « Réflexions ») ne sont pas écrits au nom de Parents & Féministes. Les propos écrits sont personnels aux auteur.es, qui préfèrent souvent rester anonymes.

Il s’agit de libérer des paroles, de susciter des réflexions, de refléter nos doutes et questionnements. Et de montrer que malgré des expériences et des opinions différentes, nous pouvons agir ensemble vers un but commun : la fin du sexisme dans la parentalité.

L’absence du papa au-delà des 15 jours de congé paternité à été très dure à vivre.

J’étais au bout du rouleau, épuisée par un accouchement très long, percluse de douleurs notamment au niveau de la zone génitale.

Et je devais porter toute la journée un bébé hurlant à bout de bras, car sans solutions de portage (je n’étais pas assez informée avant l’accouchement). Et faire de nombreux soins en raison de l’épisio. Et trouver des solutions pour faire en sorte que l’allaitement se mette bien en place (trouvées au bout de 3 mois seulement, pour cause de mauvais conseils médicaux et para-médicaux).

Le tout s’en pouvoir se faire à manger ou même manger, même froid, même n’importe quoi, alors que la jeune mère a besoin de bons repas chauds et équilibrés pour se remettre.

Ni se doucher.

Ni s’habiller.

Ni aller aux toilettes (avec la constipation d’après péridurale c’était l’enfer, sans compter les brûlures de l’épisio).

Ni relais pour pouvoir juste reposer ses bras, ses oreilles et son corps meurtri.

Ce corps devenu totalement inconnu par son informité.

J’ai ressenti tant d’autres sensations difficiles à décrire qui se résument à : on se déteste, et on déteste se sentir détestable et avoir l’idée de le penser et ressentir que l’on préférait sa vie d’avant.

Ça semble si long, si compliqué et insurmontable ces journées interminables à essayer de prendre maladroitement soin d’un bébé que l’on ne comprend pas, sans savoir s’y prendre, et qui hurle, hurle, hurle à n’en plus finir et à nous rendre dingue.

C’est tellement dingue et douloureux, cette souffrance extrême d’inutilité et d’impuissance, qu’on a juste envie de déclarer forfait et de déposer le paquet à la 1ère personne qui passe pour courir faire sa valise et prendre le 1er avion en partance pour le bout du monde.

Jour après jour, les pensées noires s’accumulent. Sortir de cet enfer devient une obsession… 


Avec du recul, et pour éviter ça, je pense qu’il faudrait tout améliorer : l’écoute, l’aide, l’accompagnement et la préparation à la parentalité à faire avant, pendant et après.

Qu’il faut ajouter du soutien psychologique et physique, avec notamment des services de repas et de ménage.

Qu’il faut une présence et une écoute bienveillantes, non jugeantes et rassurantes durant les 1ers mois de vie de bébé, après cette « naissance » bouleversante des parents qui peuvent être totalement perdus et au bout du rouleau.

Un allongement des congés parentaux me semble indispensable, selon l’envie des parents qui souhaitent élever leur enfant.

Je pense aussi indispensable l’assurance d’un moyen de garde et des aménagements possibles au travail. 

Iris

Pour témoigner sur les congés parentaux, c’est ici ; et pour témoigner sur tout autre sujet ou nous faire part de vos réflexions, c’est .

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