Le Dico

Un dictionnaire, mais pourquoi ?

Nous avons rédigé un dictionnaire des mots utiles pour trois raisons principales :

  • pour réhabiliter tout un tas de mots qui passent pour extrêmes, radicaux, alors qu’il n’en est rien. Comme « féminisme », « patriarcat » ou « domination masculine ». Ces termes ont mauvaise presse, ils ont tendance à hérisser le poil, voire à faire fuir toute personne non avertie. Pourtant s’ils sont utilisés c’est qu’ils ont une définition propre, utile pour discuter et réfléchir.
  • pour éclaircir des concepts assez récents et qui sont eux aussi très utiles, comme « intersectionnalité », « mansplaining », « cisgenre », « classisme », …
  • enfin, tout simplement pour informer. On trouverait ça dommage que les réflexions féministes soient réservées aux bac + 5 spécialité études des genres. Alors on a essayé de définir, avec pédagogie, les termes utiles pour mieux penser et repenser notre société et notre place dans celle-ci.

Bonne lecture !

*** La base ***

Féminisme = laissons parler cet article savoureux : « Je suis féministe. Ce n’est pas un mauvais mot. Il n’y a pas de quoi avoir un petit régurgi surette en le disant. Je suis féministe, parce que c’est, citons encore une fois le Robert, l’attitude « de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes. » ».

(vous lirez plus tard dans le dico si l’auteur Mathieu Charlebois fait ici du Mansplaining ou ne devrait pas plutôt se dire pro-féministe).

En bref, le féminisme :

  1. ce n’est pas un gros mot
  2. c’est au minima un mouvement politique qui prône l’égalité réelle entre les hommes et les femmes dans la vie privée et dans la vie publique (nous, perso, ça nous irait très bien)
  3. et plus largement, ça inclut l’ensemble de l’argumentaire qui dénonce les inégalités faites aux femmes et qui énonce des modalités de transformation de ces conditions, en comprenant des réflexions théoriques, des études empiriques et des propositions politiques et sociales. (définitions par l’Université de Sherbrooke). Grosso modo, c’est pas que politique, c’est aussi des réflexions, des études et des propositions –> ça tombe bien on va en faire plein !

Sexisme = c’est un terme qui « sert à désigner l’ensemble des institutions (socio-politiques, économiques, juridiques, symboliques) et des comportements, individuels ou collectifs, qui semblent perpétuer et légitimer la domination des hommes sur les femmes » (selon l’Encyclopædia Universalis).

Ce terme « est utilisé, plus couramment, pour caractériser les aspects idéologiques du phénomène et leurs expressions culturelles ou individuelles » (même source).

Ainsi, selon le HCE, le terme « sexisme » recouvre deux choses à la fois :

  1. « une idéologie qui repose sur le postulat de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes,
  2. et un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques,…) aux plus graves (viols, meurtres,…). ». Attention, ces manifestations ne sont pas forcément conscientes ni faites avec une volonté de nuire (par exemple, la galanterie est généralement classée comme sexiste) !

Patriarcat = il peut être défini comme « la manifestation et l’institution de la domination masculine sur les femmes et les enfants dans la famille et l’extension de cette dominance sur les femmes dans la société en général » (Gerda Lerner citée ici).

Le Larousse le définit comme une « forme d’organisation sociale dans laquelle l’homme exerce le pouvoir dans le domaine politique, économique, religieux, ou détient le rôle dominant au sein de la famille, par rapport à la femme ».

Ce qui ressort en général des diverses définitions du patriarcat, c’est la domination masculine sur les femmes, qui s’exerce dans quasiment tous les domaines.

Donc demander la fin du patriarcat, ça veut juste dire demander la fin des rapports de domination des hommes sur les femmes. Perso, on aimerait bien que ce moment là arrive, et rapidement svp !

Oppression sexiste = ou oppression des femmes, c’est un terme globalement équivalent à celui de domination masculine.

Misogynie = Wikipedia nous rappelle que c’est :

  1. un terme désignant « un sentiment de mépris ou d’hostilité à l’égard des femmes motivé par leur sexe biologique »
  2. que « dans certains cas, elle peut se manifester par des comportements violents de nature verbale, physique ou sexuelle, pouvant dans des cas extrêmes aller jusqu’au meurtre »
  3. qu’elle « peut se manifester au sein des deux genres (hommes et femmes) » (des femmes comme des hommes peuvent être misogynes).

Evidemment, on l’apprécie moyennement.

Phallocratie =  née étymologiquement de phallus et pouvoir, elle peut être définie comme « la domination sociale, culturelle et symbolique exercée par les hommes sur les femmes. Par extension, elle est utilisée pour désigner une structure sociale misogyne et patriarcale » (Wikipedia).

Ecriture inclusive = voici encore un terme qui fait hérisser bien des poils. Ça s’appelle aussi « langage épicène », « neutre », « non sexiste » ou « dégenré ».

En bref, ça désigne « l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d’assurer une égalité de représentations des deux sexes » (manuel de Mots-Clés).

Par exemple par la féminisation des noms de métiers, l’utilisation du point médian ou d’autres symboles, l’accord de proximité ou de majorité, le refus d’utiliser le masculin comme étant neutre, l’utilisation de l’ordre alphabétique dans une énumération, …

Si vous ne savez pas trop comment faire, il y a des guides , , ou encore .

Précisons pour l’histoire que l’écriture inclusive n’a « rien de bien nouveau, à part son nom » (c’est dit ici en même temps que plein d’autre trucs intéressants).

Et comme le répète Eliane Viennot, linguiste d’utilité publique, « notre langue est absolument équipée pour dire l’égalité ». Alors profitons-en !

*** Catégories et stéréotypes***

Sexe = en schématisant, c’est la catégorie « femme » ou « homme », déterminée selon des attributs biologiques.

Le sexe est associé à des « caractéristiques physiques et physiologiques, par exemple les chromosomes, l’expression génique, les niveaux d’hormones et la fonction hormonale, ainsi que l’anatomie de l’appareil génital » (définition des IRSC).

La nature ne s’est pas arrêtée à une catégorie binaire femme/homme avec des êtres humains qui présenteraient toujours tous les attributs accolés à une catégorie. Elle va au-delà de ces deux petites cases, et on peut alors parler de personnes « non-binaires » (il existerait d’ailleurs 48 sexes).

Genre = il est « déterminé par les rôles, les comportements, les expressions et les identités construits socialement pour les filles, les femmes, les garçons, les hommes et les personnes de diverses identités de genre ». C’est en quelque sorte le féminin et le masculin.

Le genre « influence la perception qu’ont les gens d’eux-mêmes et d’autrui, leur façon d’agir et d’interagir, ainsi que la répartition du pouvoir et des ressources dans la société » (définitions des IRSC).

In fine, le CNRS résumait la question ainsi : « Qu’est-ce que le genre ? La construction sociale des individus. Qu’est-ce que le sexe ? Une qualité biologique résumée par un équipement chromosomique et hormonal ».

Orientation sexuelle = elle est définie par le Larousse comme pouvant « désigner le désir affectif et sexuel, l’attirance érotique pour les personnes de même sexe (homosexualité), de sexe opposé (hétérosexualité) ou indifféremment pour l’un ou l’autre sexe (bisexualité) ». On peut ajouter l’asexualité (l’absence d’attirance sexuelle pour les autres).

Stéréotypes de genre ou de sexe = ce sont des préjugés, des stéréotypes, « des représentations schématiques et globalisantes qui attribuent des caractéristiques supposées ‘naturelles’ aux filles/femmes, aux garçons/hommes, sur ce que sont et ne sont pas les filles et les garçons, les femmes et les hommes, sous-entendu ‘par nature’ » (définition du HCE).

Le HCE donne deux exemples : « Les femmes sont douces, les hommes sont doués d’autorité ».

Ces stéréotypes sont souvent intégrés de manière inconsciente, sans que l’on s’en aperçoive, d’autant plus qu’ils sont extrêmement diffus dans notre société.

Rôles de sexe = cela désigne « les traits psychologiques, les comportements, les rôles sociaux ou les activités assignées plutôt aux femmes ou plutôt aux hommes, dans une culture donnée, à une époque donnée » (selon le HCE).

Par exemple, dans notre société actuelle : le care/soin, le travail domestique, l’éducation des enfants, la douceur, c’est pour les femmes ; tandis que le travail, la conquête du monde extérieur, les responsabilités, le sport de haut niveau, l’autorité, c’est pour les hommes.

Biais sexistes / biais de genre = généralement inconscients et implicites, ils sont « automatiques et reflètent les associations que nous avons intégrées au fil de notre vie, dans notre éducation et nos relations sociales » (Courrier international x The Conversation).

Par exemple, « dans le cadre d’un processus de recrutement, un employeur pourrait inconsciemment attribuer des traits de caractère à certains candidats en voyant leur nom, leur sexe ou leur âge  » (Business O Féminin).

Ou encore, « les gens préfèrent implicitement (et explicitement) les figures d’autorité masculines aux féminines, les hommes dirigeants aux femmes dirigeantes, les non-féministes aux féministes » (Courrier international x The Conversation).

Ces biais inconscients peuvent être d’une efficacité redoutable, sont dans toutes les têtes, et peuvent favoriser tout toute de discrimination. L’urgence : en prendre conscience et les identifier !

Normes sociales = elles « constituent un ensemble de règles, de valeurs et de prescriptions qui traversent, organisent et conditionnent tous les domaines de la société et donnent des indications sur les usages, sur ce qui est acceptable ou pas » (définition de l’Encyclopædia Universalis).

Normes hétéropatriarcales = tout d’abord, précisons que « l’hétéropatriarcat (acronyme de hétérosexualité et patriarcat) est un système sociopolitique dans lequel le genre masculin et l’hétérosexualité dominent d’autres genres et orientations sexuelles » (selon Wikipedia).

Les normes hétéropatriarcales sont donc celles en vigueur dans ce type de société et ont tendance à être défavorables aux femmes et aux personnes LGBT+.

Masculinité = Wikipedia la définit comme « « ce que les hommes sont supposés être », c’est-à-dire  comme les caractéristiques corporelles, comportements et manières de penser que l’on attend d’un individu assigné homme dans l’espace social ».

On parle de « masculinités » au pluriel. La sociologue australienne Raewyn Connell, à qui on doit beaucoup sur la question (notamment la citation plus haut), distingue quatre types de masculinités, dont la masculinité hégémonique (« certaines catégories d’hommes imposent, à travers un travail sur eux-mêmes et sur les autres, leur domination aux femmes, mais également à d’autres catégories d’hommes »). De plus en plus de personnes proposent de penser et repenser les masculinités, pour le bien des hommes comme des femmes (y compris le super podcast les couilles sur la table)

*** (In)égalités***

Inégalités entre les femmes et les hommes = « situation différenciée au détriment des femmes » (voilà une définition simple et efficace du HCE)

Egalité en droit = c’est quand l’égalité existe dans les textes juridiques (la loi, la Constitution, les décrets, les règlements, etc).

Egalité réelle / de fait = c’est quand l’égalité existe dans la vraie vie. Et là, c’est plus dur à atteindre que de l’écrire dans les textes juridiques. Par exemple, les femmes continuent d’être payées moins que les hommes au travail, même si la loi dit qu’il ne le faut pas.

Discrimination directe = en bref, c’est le fait de traiter moins bien une personne selon un critère interdit par la loi (comme le sexe, l’état de grossesse ou l’orientation sexuelle), de manière délibérée. C’est par exemple un refus d’embauche ou d’augmentation pour cause de grossesse ou d’orientation sexuelle (pour une définition précise, voir le rapport du HCE page 47).

Discrimination indirecte = c’est une discrimination qui ne s’assume pas ou qui s’ignore : neutre en apparence mais discriminatoire au final.

Le HCE la définit plus précisément (page 47) et donne deux exemples parlants :

– « le fait de conditionner une allocation de retraite supplémentaire à un minimum d’heures travaillées alors que le temps partiel dans l’entreprise est occupé à 80% par des femmes,

– le fait d’organiser des réunions importantes et cruciales, pour lesquelles l’absence peut peser sur les perspectives d’évolution professionnelle, à des heures tardives alors que l’articulation des temps de vie professionnel et personnel repose sur les femmes, tenues de prendre en charge les tâches domestiques et familiales ».

Discriminations systémiques = en bref, c’est un peu quand on discrimine sans s’en apercevoir tellement on a la tête pleine de préjugés sans s’en apercevoir. Et qu’en plus on est nombreux.ses à le faire.

Plus techniquement, il s’agit de « processus invisibles d’assignations à une place dans la hiérarchie sociale en fonction d’un critère réel ou supposé », comme une classe, une « race », un sexe.

Ces discriminations ne sont « pas nécessairement conscientes de la part des personnes qui l’opèrent » et « trouvent leur fondement dans les stéréotypes, préjugés, opinions relatifs à telle ou telle catégorie de personnes. » (toujours la page 47 du rapport du HCE).

Privilège(s) masculin(s) = cela désigne les avantages, « souvent invisibles, souvent minimes », des hommes. Et en général, plus les hommes correspondent à l’image de la masculinité « hégémonique », plus ils peuvent en bénéficier. Cela n’en fait pas forcément des mauvaises personnes, mais pour lutter efficacement contre le sexisme, c’est important de se rendre compte du privilège masculin. Tout ça est très bien expliqué et illustré sur le blog Dialogues avec mon père traduisant Everyday Feminism.

*** Intersectionnalités***

Intersectionnalité = c’est un peu la double (voire triple ou quadruple) peine. C’est la situation des personnes qui se retrouvent à l’intersection de différentes catégories pour lesquelles elles peuvent être discriminées. Par exemple, être une femme noire (c’est d’ailleurs cette configuration qui a donné lieu à la création du terme par Kimberlé Crenshaw), une femme lesbienne, une femme handicapée, un homme noir homosexuel, une femme transgenre, une femme musulmane, une femme « sans-papiers », une femme ouvrière, ..

Le concept a permis de saisir des discriminations et des situations spécifiques, qui n’étaient pas forcément identifiées avant, au détriment des personnes concernées.

Un exemple où le concept est utile : une femme noire subit un refus d’embauche d’une entreprise qui n’a embauché à ce jour aucune femme noire, mais qui embauche par ailleurs des femmes blanches et des hommes noirs. On pourra opposer l’intersectionnalité s’il lui est répondu que « Mais non, tu vois, cette boite n’est pas raciste, elle embauche des (hommes) noirs ! » douplé d’un « Mais non, tu vois, cette boite n’est pas sexiste, elle emploie des femmes (blanches) ! ». Le concept d’intersectionnalité sert ici à identifier les discriminations spécifiques subies par les femmes noires, qui peuvent sans ça facilement passer à la trappe.

Un exemple franco-français chaud comme la braise ? Les textes de 2004 visant à interdire le port du voile à l’école ciblaient essentiellement les filles musulmanes (et non les garçons musulmans, ni les filles non musulmanes). Cette question peut donc s’analyser doublement, vis-à-vis de la population musulmane et vis-à-vis des femmes. Quelle que soit la position que chacun.e tiendra sur ce sujet, la prise en compte de cette intersectionnalité amène à une meilleure analyse (vous aussi, n’aviez-vous pas sous-estimé à l’époque que cela visait surtout les filles et pas les garçons, au-delà du débat sur l’islamophobie ?).

D’autres exemples bien de chez nous et plus récents : l’interdiction des burkinis par certaines mairies en 2016 (visant les femmes musulmanes), les réactions houleuses en 2019 sur le hidjab de running de Décathlon (encore les femmes musulmanes), le refus opposé la même année par certaines mairies aux femmes voilées voulant accompagner les sorties scolaires (toujours les femmes musulmanes). A ce stade là, ce n’est pas une étrange coïncidence, mais bien une intersectionnalité à prendre en compte.

LGBT+ = c’est un sigle qui désigne « l’ensemble des personnes ne s’identifiant pas comme hétérosexuelles ou dans les cases typiques des genres » (selon le Polyscope).

Il existe aussi les variantes « LGBTQI+ », « LGBTQIA+ », ou « LGBTQQIP2SAA » (pour lesbian, gay, bisexual, transgender, queer, questioning, intersex, pansexual, 2-spirited, asexual and allies »; l’ajout d’allies étant débattu).

Pro-LGBT+ ou Allié.e LGBT+ = en bref, c’est quand on n’est pas concerné.e personnellement (car non LGBT+) mais qu’on soutient la cause (c’est-à-dire l’arrêt des discriminations et l’extension de leurs droits).

Cisgenre = c’est quand « le genre ressenti d’une personne correspond à son sexe biologique, assigné à sa naissance » (Wikipedia). En bref, je suis née femme et je me sens femme, ou je suis né homme et je me sens homme.

Transgenre = ce terme désigne une personne « qui s’identifie à un autre genre que celui de son sexe biologique et assigné à sa naissance » (Wikipedia). C’est le cas, par exemple, d’une personne née femme qui se sent homme (on pourrait plutôt dire : qui est en réalité un homme). C’est aussi le cas des personnes qui s’identifient à plusieurs ou aucun genre.

Racisé.e = ce terme désigne les personnes victimes de racisme ou de racisation (processus d’assignation d’une personne à un groupe humain basé sur des critères subjectifs), voire les personnes non blanches.

Homophobie =  ce terme désigne « les manifestations de mépris, rejet, et haine envers des personnes, des pratiques ou des représentations homosexuelles ou supposées l’être » (définition de SOS Homophobie).

Validisme ou capacitisme = c’est selon Wikipedia « une forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap (paraplégie, tétraplégie, amputation, malformation mais aussi dyspraxie, schizophrénie, autisme, etc) ».

« Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne capable, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes non conformes à cette norme doivent, ou tenter de s’y conformer, ou se trouver en une situation inférieure, moralement et matériellement, aux personnes valides » (toujours Wikipedia).

Classisme = c’est une discrimination « fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale, souvent basée sur des critères économiques » (une des rares définitions données, ici celle de Wikipedia).

Grossophobie = c’est « l’attitude de stigmatisation, de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids » (le Petit Robert 2019).

Pro-féministe ou Allié féministe = des féministes pensent que les hommes ne peuvent pas se dire « féministes », mais devraient se dire « pro-féministes » ou « alliés féministes ». (Pour tout avouer, chez Parents & Féministes, on n’a pas tranché ce point !).

Féminisme inclusif = ce terme peut tout d’abord renvoyer à un féminisme défendu par Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacharya et Nancy Fraser dans leur Manifeste Féminisme pour les 99 %, en vue de faire converger l’anticapitalisme, l’antiracisme, l’écologie politique, l’internationalisme et l’anti-hétérosexisme. Plus simplement et sans embrasser forcément toutes ces causes, le terme « féminisme inclusif » renvoie à un féminisme qui n’est pas que celui de femmes blanches bourgeoises.

*** 24 heures de la vie d’une femme***

Travail domestique = laissons parler l’INSEE : « Chaque jour, en moyenne, nous consacrons plus de 3 heures à des tâches domestiques (cuisine, ménage, courses, soins aux enfants, etc.). Ce faisant, nous produisons des services dont nos proches et nous-mêmes pouvons profiter. Mais ces services ne sont pas comptabilisés dans le produit intérieur brut (PIB), alors qu’ils le seraient si nous les achetions, sous la forme par exemple d’heures de ménage ».

Sans grande surprise, actuellement en France, ce sont les femmes qui se chargent gratuitement de la grande majorité de ce travail domestique non payé.

Violences obstétricales et/ou gynécologiques = ce sont des violences commises à l’occasion d’un suivi gynécologique, d’un parcours PMA, de la grossesse, de l’accouchement ou du post-partum et qui sont commises « par des équipes de soignants qui vont agir ensemble et/ou individuellement ».

Les violences sont constituées lorsque les actes médicaux sont effectués « en l’absence : de consentement libre et éclairé / de choix et de diversité dans l’offre de soin / de consentement des actes à des fins d’apprentissage / d’anesthésie efficace / d’utilité médicale avérée / d’exercice des gestes obstétricaux dans un cadre légal / d’humanité et de dignité / du respect des droits de la patiente / de pratiques conformes aux données scientifiques » (définitions de l’IRASF).

Invisibilisation des femmes = c’est tout simplement le fait de rendre invisibles les femmes.

Vous voulez voir à quoi ça ressemble ? Ouvrez un manuel d’histoire ou de littérature, un recueil des 100 meilleures poésies de tous les temps, un livre pour enfant pris au hasard, une liste des films à regarder avant de mourir, à peu près n’importe quel autre produit culturel, ou lisez les noms des rues autour de chez vous.

Vous ne verrez peu ou pas de femmes, ni dans les personnages fictifs, ni dans les personnalités réelles. Et non pas parce qu’elles sont toutes nazes, mais parce qu’elles ont été rendues invisibles.

Féminicide = ce terme désigne le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme. Le HCE (page 49) distingue plusieurs types de féminicides :

  1. le féminicide intime, c’est-à-dire le meurtre d’une femme par son conjoint actuel ou son ex-conjoint. Le lundi 16 septembre 2019, il y avait déjà 105 féminicides de ce type depuis le début de l’année civile. Les associations dénoncent, entre autres, le manque de moyens accordés, le manque de formation de la justice et de la police, les mauvais accueils fréquents dans les commissariats, le traitement médiatique courant de ces meurtres en simple fait divers avec des termes parfois empathiques avec le meurtrier. En 2019, les associations et les militant.e.s ont réussi à faire accepter le terme « féminicide » et à en faire un réel sujet médiatique et politique.
  2. le féminicide non intime, c’est-à-dire le meurtre d’une femme après une agression sexuelle ou bien le meurtre planifié de femmes,
  3. le crime d’« honneur », qui est le meurtre d’une femme pour sauver la réputation de la famille après avoir été accusée de transgression des traditions et lois morales,
  4. le féminicide dû à la dot, c’est-à-dire le meurtre d’une femme qui n’a pas apporté assez d’argent à la famille du conjoint lors de leur mariage.

Culture du viol / des violeurs = c’est une culture qui « imprègne la société dans son ensemble et qui se caractérise par : la chosification des femmes ; la mise en scène publicitaire du viol ; la dépolitisation de ce crime ; la présomption de responsabilité des victimes ; l’empathie avec les agresseurs/auteurs » (définition du HCE).

*** Man… ing***

Manterrupting = c’est un terme composé des mots anglais « man » et « interrupting », qui désigne « la tendance des hommes à couper la parole aux femmes lors d’une conversation, d’un débat ou d’une réunion » (définition du HCE, voir pages 41 et 42)

Mansplaining ou Mecspliquer ou Pénispliquer = ces termes renvoient au « fait d’expliquer quelque chose à quelqu’un (généralement une femme) d’une façon jugée condescendante ou paternaliste, et sans tenir compte du fait que la personne à laquelle sont destinés les propos en sait davantage ou autant sur le sujet que celui qui donne les explications » (définition du HCE).

Manspreading = ce terme vient de la fusion des mots anglais « man » et « to spread » (s’étaler). « Il est notamment pointé du doigt dans les transports en commun. Alors que les femmes auront davantage tendance à croiser leurs jambes, garder leur sac sur les genoux et les avant-bras le long du corps, à se tenir droite, etc., certains hommes sont plutôt adeptes de l’étalement, dont le symbole le plus flagrant est la position assise, jambes écartées « (définition du HCE)

Bropropriating ou « effet Matilda » = comme nous l’apprend L’Obs, l’effet Mathilda désigne « la minimisation ou le déni de la contribution des femmes scientifiques à la recherche » et »son nom est un hommage à la militante Matilda Joslyn Gage, qui avait identifié, dès la fin du XIXe siècle, l’habitude de certains hommes d’accaparer le produit de réflexions menées par des femmes ».

Le bropropriating, c’est la même chose en plus récent et pour tous les domaines. Le terme vient des mots « bro » (mec) et « appropriating » (s’approprier). Si votre boss s’accapare le mérite de votre travail, et votre compagnon les félicitations pour l’éducation de vos enfants que vous avez faite à 90 %, c’est du bropropriating.

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