Témoignage #2 J’ai fait le choix de m’occuper de mon enfant à plein temps

Les Billets Libres (« Témoignages » et « Réflexions ») ne sont pas écrits au nom de Parents & Féministes. Les propos écrits sont personnels aux auteur.es, qui préfèrent souvent rester anonymes.

Il s’agit de libérer des paroles, de susciter des réflexions, de refléter nos doutes et questionnements. Et de montrer que malgré des expériences et des opinions différentes, nous pouvons agir ensemble vers un but commun : la fin du sexisme dans la parentalité.

J’ai fait le choix de m’occuper de mon enfant à plein temps depuis sa naissance. Et c’est une sacrée aventure.

Les 6 premiers mois, nous avons eu le privilège de pouvoir être tous les deux avec le bébé. Puis mon conjoint a repris le travail : 2 jours par semaine en déplacement et le reste du temps en télétravail. Ce changement a été très dur car je me retrouvais seule avec l’enfant à attendre son retour, ou alors je le voyais sous mes yeux entrain de travailler pendant que je m’occupais du bébé.

J’ai détesté l’image que ça me renvoyait et j’ai eu beaucoup de mal à assumer mon choix et à le vivre pleinement.

Dans ce monde capitaliste, où l’on nous demande d’être toujours active/productive/utile, que ce soit par le travail salarié ou par le militantisme, je me suis vite sentie dans une autre dimension en devenant parent à plein temps. Je vis au rythme de l’enfant, et je sors peu car les lieux sont peu adaptés aux bébés et aux jeunes enfants.

J’avais l’impression d’être vide, inutile, de m’effacer chaque jour un peu plus. 
Je culpabilise de regretter parfois ce choix de vie, sans pour autant regretter d’avoir un enfant – j’en veux plusieurs, mais pas dans ces conditions. 

Alors comme solution, j’ai décidé de lutter. Maintenant, je dis haut et fort, que OUI c’est un travail à part entière de s’occuper de son enfant – même si cela résulte d’un choix.

Et donc non, ce n’est pas parce que je suis présente à la maison pendant la journée que je ferais davantage de ménage, de cuisine ou de courses que mon conjoint.

Que oui, je peux me plaindre de mes journées et de la difficulté d’être parent. 

Et que oui, j’ai ma place dans les milieux féministes et que j’ai le droit de parler de mon quotidien sans recevoir en retour un regard plein de pitié, comme si la « badassitude » ne m’était plus accessible.

J ✊

Pour témoigner sur les congés parentaux, c’est ici ; et pour témoigner sur tout autre sujet ou nous faire part de vos réflexions, c’est .

Un commentaire

  1. C’est la première fois que je consulte le site de parents féministes et, naturellement je me suis dirigée vers les témoignages. J’ai « scrollé », avec en moi une interrogation puissante relative à une opportunité professionnelle qui trouvera son issue demain…Parent solo (jumelles de 4 ans et demi), j’ai fait des constats de terrain, de vécu, dans mon corps et dans mon âme, qui sont venus bouleverser mes croyances de femme, d’individu, dignement construite et produite selon les normes sociales et économiques actuelles. Devenir maman, parent m’a révélée dans ma dimension féministe, j’ai déprogrammé les principes économico-patriarcaux dont j’étais porteuse jusque dans la moelle. Et j’ai relu ma vie avec cette fois, une réflexion autonome.
    Votre témoignage m’a « appelée » …votre récit est à l’image de ce que j’ai expérimenté : oui être parent est un travail, et j’ai commencé à le revendiquer. Face à cette nouvelle posture, je demandais le droit naturel au repos, au partage des tâches ménagères, je revendiquais le droit à me nourrir intellectuellement, socialement. Cela n’a pas été compris et m’a été violemment renvoyé dans la figure. Piètre moi en miettes après 1 an de parentalité gémellaire, je devenais poussière, invisible, inutile. Tristement, la séparation a été la seule voie de libération sur certaines questions, mais pas toutes. Car, évidemment, je rejoignais le clan des précaires, la tribu des solo cernées. Cependant, c’est ensuite que j’ai pris conscience de l’importance capitale de m’écouter, de me chérir avant toute chose, alors, j’ai choisi de ne pas travailler, entendre, de ne pas avoir une activité participant à la croissance du PIB. J’ai fait ce choix, tout en bataillant pour ne pas me laisser trop bouffer par les injonctions et les attentes de la société (famille, hommes, économie etc.) qui malgré tout, faisaient encore peser une énorme culpabilité sur moi. Suis-je juste ? Suis-je irresponsable ? Suis-je fidèle à mes valeurs ? Oui. Suis-je à l’écoute de mon corps ? Oui. Ma réalité est singulière, nos réalités le sont toutes, alors à chacune, il y a des choix personnels parfaitement en accord avec nous-mêmes, avec nos difficultés, nos valeurs, nos capacités. Il n’y a qu’une posture qui vaille : le respect. On peut ne pas nous comprendre, et ce n’est pas le plus important. Ce qui l’est, c’est de respecter nos choix et nos personnes ! Merci !!

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