Césars 2020, le crachat.

Hier, nous, les femmes, avons été humiliées. Rappelées à l’ordre : nous ne valons rien, nous ne sommes rien. 

Le César de la meilleure réalisation à Polanski : un crachat à la gueule des femmes. Une humiliation des féministes. Une insulte à la parole des femmes. Un refus de leur droit de ne pas être violées, agressées.
Nous pensions cela impossible, qu’ils auraient compris, que nous existions à présent. Non. Le vieux monde résiste et nous découvrons avec effroi que nous y vivons encore.

Puis, comme pour confirmer que les femmes ne comptent pas, viendront Les Misérables sans Fantine ou Cosette. Une scène finale avec 15 hommes, qui n’auraient pas trouvé le moyen d’élever une femme à leurs côtés, ni d’avoir un mot pour elles. La volonté de lutter contre le classisme et le racisme ne doit pas rendre aveugle au sexisme. Car oui, être 15 hommes et zéro femme à recevoir une récompense sur un plateau, c’est symptôme de sexisme.

Le sexisme unit par delà toutes les frontières, par delà toutes les classes sociales. Et les grandes perdantes, sur tous les continents, dans tous les milieux, ce sont nous, les femmes. Ces foutus Césars étaient là pour nous le rappeler.

Car au-delà des apparences, gardées à grands renforts de femmes animatrices, l’exclusion des femmes était partout hier : dans les votants (⅔ d’hommes), dans la direction démissionnaire mais décisionnaire, dans le choix des nominations, dans ce foutu César de la meilleure réalisation, sur la scène finale.  

Florence Foresti, vaillante et brillante, finira humiliée, cachée, prostrée, comme nous.

La gifle était puissante, nous éprouvons de la souffrance et du désespoir. Mais la rage est plus forte.
Vous nous avez humiliées, mais avant tout vous nous avez mises en colère. 
Nous ne jouons plus à votre jeu, votre mascarade d’égalité, auquel nous perdons sans cesse.
Vous avez réveillé chez nous la rage, comme pour nous rappeler que rien n’était gagné et qu’il fallait sans relâche continuer le combat.
Message reçu.

Ce billet libre a été écrit par Bianca, cofondatrice de Parents & Féministes.

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