EVARS : derrière l’affichage, le backlash ?

Ces derniers mois, une petite musique s’installe… Un jugement estime que l’État a pris des mesures « propres à assurer la mise en œuvre effective » du programme d’EVARS.

Le ministre de l’Éducation Nationale affirme que 100 % des élèves bénéficieront de trois séances cette année scolaire. Le discours institutionnel se veut rassurant : le cadre existe, les circulaires sont publiées, le programme est lancé. Donc tout irait bien ?

L’écart entre l’annonce et le réel

  • Équipes enseignantes laissées seules face à des sujets complexes ;
  • Formations insuffisantes, parfois réduites à quelques heures en ligne ;
  • Absence de temps dédié dans les emplois du temps ;
  • Manque d’intervenant·es formé·es ;
  • Pas d’évaluation transparente de la mise en œuvre ;
  • etc etc

Quand on parle d’opposition à l’EVARS, on pense aux mobilisations réactionnaires, aux fake news, aux rhétoriques complotistes sur la « théorie du genre ». Ces offensives existent.  Mais il existe une autre forme de recul, plus discrète : laisser entendre que tout est déjà réglé. 

EVARS : après le programme la backlash ?

« Nous sommes sur les rails pour atteindre 100 % à la fin de l’année scolaire » Edouard Geffray, ministre de l’Éducation, Le Monde du 28/01/2026.

Affirmer que tout va bien contribue à délégitimer celleux qui continuent d’alerter et freine la mobilisation.  Si tout fonctionne, pourquoi continuer à se mobiliser ? Pourquoi demander des comptes ? Pourquoi exiger des moyens à la hauteur ? Dire que « le programme existe » ne suffit pas : il faut s’assurer qu’il est effectivement mis en œuvre partout, pour tous les élèves.

Le Backlash : de quoi parle-t-on ?

Susan Faludi l’analysait en 1991 dans Backlash. La guerre froide contre les femmes  : proclamer la victoire des féminismes est souvent une stratégie pour mieux organiser leur recul. Annoncer que « tout est en place » peut devenir un moyen d’éteindre la vigilance collective.

Les progrès en matière d’égalité n’avancent pas de façon linéaire. L’histoire montre que chaque avancée est le fruit de mobilisations. Et rien n’est jamais définitivement acquis. L’exemple du droit à l’IVG, pourtant reconnu depuis des décennies, montre combien un droit reste vulnérable face aux remises en question et aux reculs politiques. 

Un programme officiel ne suffit pas à transformer les pratiques.

Les enfants méritent mieux qu’un droit théorique. Iels méritent une éducation complète, ambitieuse et réellement mise en œuvre.

L’EVARS NÉCESSITE UNE VOLONTÉ POLITIQUE RÉELLE.

ON DEMANDE : 

Des moyens humains et financiers 

  • Une obligation claire de mise en place de l’EVARS dans tous les établissements, avec un temps dédié dans les emplois du temps.
  • Une formation systématique et de qualité pour les enseignant.es et les personnels concernés.
  • Un renforcement des moyens alloués aux personnels éducatifs et de santé scolaire.
  • Des budgets dédiés par académie.
  • La reconnaissance et l’intégration des associations spécialisées et reconnues comme partenaires à part entière de l’éducation et l’augmentation de leurs  financements.

Un encadrement clair 

  • Un  cadrage des associations habilitées à intervenir.
  • Des contrôles réguliers, notamment dans les établissements privés.
  • Des sanctions contre les établissements ne mettant pas en œuvre l’EVARS ou faisant intervenir des associations contraires aux principes de l’EVARS.
  • L’obligation de concertation et coordination entre équipes éducatives, partenaires extérieurs  et institution.
  • La définition d’une chaîne claire de responsabilité, avec une personne référente dans chaque établissement et chaque académie.
  • Un suivi rigoureux assuré par les inspections et les rectorats.

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