Un an après le discours d’Emmanuel Macron sur le « réarmement démographique », l’INSEE vient de publier de nouveaux chiffres, montrant une nouvelle baisse de la natalité. Vigilante face à la montée des injonctions natalistes, l’association Parents & Féministes appelle à des réformes émancipatrices pour les femmes, les familles et les enfants.
Paris, le 14/01/2024
Un an après le discours sur le “réarmement démographique”, qu’est-ce qui a changé ? Rien. Nous avons subi les conséquences d’un discours politique réactivant des obsessions natalistes de l’extrême-droite et faisant écho à une longue histoire d’instrumentalisation du ventre des femmes à des fins politico-économiques, sans n’en retirer aucun bénéfice.
Les congés parentaux attendent encore d’être réformés et revalorisés. Le projet de réforme du congé de naissance, présenté en mai dernier, n’était pas satisfaisant. Victime collatérale de l’instabilité politique, ce projet doit être repris mais remanié en profondeur. Nous appelons à étendre le congé paternité pour tous les co-parents, pour que celui-ci tende vers une durée égale au congé maternité, et à instaurer un congé parental bien rémunéré les premiers mois puis dégressif, laissant la possibilité d’un arrêt de plusieurs mois pour les familles qui le souhaitent sans inciter les femmes à rester à la maison. Il faut, en parallèle, investir réellement dans le service public de la petite enfance. La santé maternelle doit également devenir une priorité de santé publique (notamment la prévention des violences gynécologiques et obstétricales et de la dépression du post partum).
Outre cette réforme nécessaire des congés parentaux, le gouvernement doit entendre les inquiétudes des parents et des jeunes générations : une véritable politique de transition écologique pour réduire l’éco-anxiété et améliorer la santé environnementale (facteur d’infertilité), un redressement du service public de la santé et de l’éducation, des politiques publiques favorisant l’accès au logement pour les jeunes parents et les familles, etc.Notons que les femmes de moins de 35 ans ont davantage voté pour le Nouveau Front Populaire que l’ensemble de la population aux élections législatives, signe qu’elles sont très sensibles à ces enjeux de qualité des services publics, d’écologie et d’égalité. Si l’on veut des enfants, peut-être faudrait-il les écouter et les entendre ?
“La France veut des bébés ? Qu’elle crée les conditions pour que les femmes aient la liberté effective d’en avoir quand elles veulent, si elles en veulent, autant qu’elles veulent, sans être pénalisées ; qu’elle permette aux parents d’élever leurs enfants dans une société plus juste, plus solidaire, et plus paritaire ; qu’elle prenne davantage soin des enfants et de leurs parents”, conclut l’association Parents & Féministes.
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La presse en parle :
Article du Parisien (14/01/2023) : « Le réarmement a fait pschitt »
